Découvrir Dury/Son Histoire/Siméon Lourdel
Siméon Lourdel
A Dury
Église de Dury (archives)Siméon Lourdel naît à Dury le 20 décembre 1853 d’une famille d’agriculteurs profondément croyants. Son frère aîné, Ernest, curé pendant quelques années, se retirera par la suite à la Chartreuse. Siméon entre donc au Petit Séminaire d’Arras à l’âge de 8 ans.
L’été 1870 (Guerre franco-allemande), il rentre en classe avec deux mois de retard : il a donné un coup de main à ses parents pour la moisson… Il est renvoyé. Il entre ensuite à Saint Berthin de Saint Omer puis à Sainte Oustreberthe de Montreuil.
1872
En octobre 1872, il entre enfin au Grand Séminaire d’Arras. Très vite, le jeune Siméon ne rêve que de partir évangéliser les peuples primitifs et de mourir martyr « afin d’aller directement au ciel.»
Alger
Itinéraire de Siméon Lourdel1874
Siméon alors âgé de 20 ans, entre dans la congrégation des Pères Blancs de Notre-Dame d’Afrique ; il a trouvé sa voie. Il n’est guère doué pour les études. Il le reconnaît lui-même : « Je suis de mon naturel un peu bredouilleur… » Pourtant ce « bredouilleur » se révèle très doué pour les langues étrangères. Pendant son noviciat, il apprend l’arabe, puis le kabyle.
1877
Siméon Lourdel est ordonné prêtre à Alger le Lundi de Pâques 2 avril 1877. Il devient successivement professeur au petit séminaire de Notre-Dame d’Afrique, aumônier du Carmel puis missionnaire à Metlili (Sahara). Enfin, il est désigné, pour la première caravane des Grands Lacs en Afrique équatoriale ; le Tanganyika, l’Ouganda. Il part de Marseille le 22 avril 1878.
1878
Arrivée à Zanzibar le 30 mai 1878. A la mi-juin, la caravane se met en marche vers l’intérieur des terres. Le Père Lourdel ne perd pas de temps et étudie le kiswahili, « qu’il parle mieux que les autres », dit-on.. Les étapes sont rudes, les premières attaques de la fièvre, inquiétantes.
Enfin, après plusieurs mois de marche, à la fin de décembre 1878, les missionnaires arrivent sur les bords du lac Victoria (Nyanza).
En Ouganda
1879
Accompagné du Frère Amans, de huit rameurs et de quelques askaris, le Père Lourdel s’embarque dans une pirogue pour traverser le lac. L’arrivée en Ouganda a lieu le 17 février 1879. Le roi Mutesa les reçoit avec bienveillance et leur donne l’autorisation de s’établir dans son royaume.
Le Père Lourdel a des journées bien remplies ; sans parler du temps qu’il doit passer obligatoirement à la cour du roi, tout le monde vient demander quelque chose à « Mapéra ». C’est le nom qui lui est donné dès le début par les gens qui entendent le Frère Amans appeler le Père Lourdel « Mon Père ». Plus que sa connaissance des langues, c’est sa bonté et sa foi qui explique l’influence du Père Lourdel.
1880
Sept mois à peine après le début de la mission, la veille de Pâques 1880, quatre baptêmes sont célébrés. Les candidats interrogés déclarent de manière assurée qu’ils sont prêts à donner leur vie plutôt que violer leurs promesses et renier Jésus-Christ. … Ce ne sont pas de vaines paroles… Dès la fin d’octobre, la mission compte environ 250 catéchumènes. Le premier catéchisme en Luganda est imprimé.
1882
Mais inquiets d’une insécurité de plus en plus évidente, les missionnaires demandent au roi Mutesa, sous prétexte de se reposer, la permission de passer le lac. Les Pères s’embarquent alors avec quelques jeunes noirs qu’ils ont rachetés et arrivent au sud du lac Victoria, à Kadouma, le 4 janvier 1883.
Zoom1885
Le roi Mutesa meurt en octobre 1884, son fils Mwanga, instruit par les missionnaires, lui succède. Il envoie des barques pour réclamer le retour des Pères en Ouganda.
Leur arrivée le 12 juillet 1885 à Entebbe est un vrai triomphe : de tous les coins du pays arrivent de nouveaux catéchumènes que les premiers chrétiens ont instruits et qu’ils présentent à leurs Pères.
Malheureusement, de bienfaiteur, Mwanga sous la pression des sorciers, des musulmans… se transforme vite en persécuteur. Le 15 novembre 1885, il fait brûler Joseph Mukasa, le chef de ses pages. Malgré cela, le nombre de catéchumènes ne cessent d’augmenter. A la cour du roi Mwanga, les baptisés et les catéchumènes sont environ cinq cents.
1886-1887
Entre le 25 mai 1886 et le 27 janvier 1887, plus de cent chrétiens sont martyrisés en Ouganda. Parmi ceux-ci, n’ont été retenus dans le calendrier des saints, que vingt-deux noms. Ils sont béatifiés le 6 juin 1920 et canonisés le 18 octobre 1964.
Le 10 septembre 1888, Mwanga est renversé et remplacé par son frère aîné Kiwouéwa. Le 12 octobre, les missionnaires sont arrêtés et enfermés. Pendant ce temps, tout ce qui a été construit est saccagé, profané, brûlé. Les chrétiens sont à nouveau persécutés. C’est de nouveau l’exil pour le Père Lourdel.
Tombe du Père Lourdel à Rubaga1890
Le 12 mai 1890, âgé de 37 ans, épuisé par le travail, l’épreuve, la maladie Le Père Lourdel s’éteint après dix ans seulement d’apostolat. L’Eglise d’Ouganda à cette date compte 2 197 catholiques et 10 000 catéchumènes.
1906
Vingt ans après les martyrs de Namugongo: 100 000 catholiques, 150 000 catéchumènes. En 1964 , deux millions de catholiques… Aujourd’hui en Ouganda, sur une population d’environ 24 millions d’habitants, 33 % sont catholiques.




